
Carton rouge, carton jaune et carton blanc : ce que chaque couleur entraîne au football
Un carton rouge exclut le joueur pour le reste du match : son équipe finit à dix, sans remplaçant, et une suspension suit. Le carton jaune est un avertissement, et deux jaunes dans le même match valent un rouge. Le carton blanc dépend de la compétition : exclusion temporaire dans bien des championnats amateurs français, salut au fair-play ailleurs.
Carton jaune : l’avertissement et ses motifs
Le carton jaune signale un avertissement. Le joueur reste sur le terrain, mais il sait qu’une seconde faute du même ordre l’enverra au vestiaire. La loi 12 des Lois du jeu en dresse la liste ; voici les motifs les plus fréquents sur un terrain amateur :
- la contestation d’une décision, en paroles ou en gestes ;
- le retard volontaire à la reprise du jeu, par exemple en éloignant le ballon ;
- le non-respect de la distance sur un coup franc, un corner ou une rentrée de touche ;
- les fautes répétées, même légères prises une par une ;
- l’entrée ou la sortie du terrain sans l’accord de l’arbitre ;
- le comportement antisportif : simulation, faute imprudente, attaque prometteuse stoppée par une faute ou une main, adversaire distrait verbalement.
La gradation des fautes de contact passe par trois mots. Une faute commise par négligence donne un coup franc, sans carton. Une faute imprudente, qui ignore le danger pour l’adversaire, vaut un jaune. Une faute commise avec une force excessive vaut un rouge.
L’édition 2026-2027 des Lois insiste sur les retards excessifs à la reprise : un joueur qui retarde exagérément sa sortie lors d’un remplacement, au-delà des dix secondes désormais accordées, ou qui tire volontairement un coup franc du mauvais endroit pour le faire retirer, doit être averti.
Le carton se montre aux joueurs, aux remplaçants, aux joueurs remplacés et aux membres du staff. L’autorité disciplinaire de l’arbitre court de l’inspection du terrain avant le match jusqu’à sa sortie après le coup de sifflet final, mi-temps et séance de tirs au but comprises. Le temps passé à sanctionner n’est pas perdu pour le jeu : l’arbitre le rend dans le temps additionnel.
Avantage d’abord, carton ensuite
Un carton peut arriver avec retard. Quand l’équipe qui subit la faute garde une action intéressante, l’arbitre laisse jouer l’avantage, bras tendus vers l’avant, puis revient montrer le carton au premier arrêt de jeu. Le joueur fautif n’échappe pas à l’avertissement parce que l’action a continué.
L’édition 2026-2027 apporte deux nuances. Si l’arbitre laisse l’avantage sur une faute qui annulait une occasion de but manifeste et que l’équipe lésée marque, le fautif n’est pas averti. De même, un joueur qui tente sans succès d’arrêter un but de la main, alors que l’avantage est joué, n’est pas averti si le but est marqué. Le but rend la sanction disciplinaire inutile.
Carton rouge : les motifs d’exclusion

Le carton rouge renvoie le joueur hors du terrain et de la zone technique pour le reste du match. Les motifs sont limités et précis :
- la faute grossière, un tacle ou une charge qui met en danger l’intégrité physique d’un adversaire dans la lutte pour le ballon ;
- l’acte de brutalité, un geste violent commis hors de la lutte pour le ballon, contre n’importe qui ;
- le fait de mordre ou de cracher sur quelqu’un ;
- les propos ou gestes injurieux, grossiers ou blessants ;
- l’annulation d’un but ou d’une occasion de but manifeste par une faute ou par une main ;
- un second avertissement dans le même match ;
- l’entrée dans la salle de visionnage, là où la VAR est en place.
Deux options nouvelles, réservées aux compétitions qui les adoptent, figurent dans l’édition 2026-2027 : le rouge pour un joueur qui se couvre la bouche afin de s’adresser à un adversaire de façon provocante ou injurieuse, et pour celui qui quitte le terrain en signe de protestation contre une décision, ou qui y pousse ses coéquipiers.
Pour l’équipe, l’exclusion pèse lourd : un joueur exclu après le coup d’envoi ne se remplace pas. Une équipe ne peut ni commencer ni poursuivre un match à moins de sept joueurs.
L’occasion de but manifeste dans la surface
Un défenseur qui fait tomber un attaquant lancé seul vers le but est exclu. Dans sa surface de réparation, la règle s’adoucit s’il a tenté de jouer le ballon : le penalty sanctionne déjà la faute, et il ne reçoit qu’un jaune. Une faute sans intention de jouer le ballon, une retenue de maillot par exemple, reste un rouge.
L’arbitre apprécie l’occasion manifeste à partir de quelques critères : la distance jusqu’au but, la direction de l’action, la maîtrise du ballon, la position et le nombre des défenseurs et des attaquants. Ce sont les mêmes repères qu’un défenseur central consulte d’instinct quand il choisit de temporiser plutôt que de tacler. Le carton n’est d’ailleurs que la moitié de la sanction : la reprise du jeu, coup franc direct, coup franc indirect ou penalty, est expliquée dans le détail du penalty et du coup franc.
| Situation | Sanction |
|---|---|
| Faute par négligence | Coup franc, sans carton |
| Faute imprudente | Carton jaune |
| Faute avec force excessive | Carton rouge |
| Attaque prometteuse stoppée | Carton jaune |
| Occasion de but manifeste annulée hors de la surface | Carton rouge |
| Même faute dans la surface, en jouant le ballon | Penalty et carton jaune |
| Second avertissement | Carton rouge |
| Crachat, morsure ou acte de brutalité | Carton rouge |
Deux jaunes, un rouge : le second avertissement
Quand un joueur déjà averti commet une nouvelle faute passible de jaune, l’arbitre montre d’abord le second carton jaune, puis le rouge. L’ordre n’a rien de décoratif : il indique que l’exclusion vient d’une accumulation, pas d’une faute grave isolée, et la commission de discipline en tient compte ensuite.
Deux fautes passibles d’avertissement commises dans la même action valent aussi deux jaunes, donc l’exclusion. Le cas reste rare, mais il existe : une faute imprudente suivie, dans la foulée, d’une contestation véhémente.
Avec la VAR, l’édition 2026-2027 ouvre une possibilité nouvelle : l’arbitrage vidéo peut faire annuler un rouge issu d’un second jaune manifestement injustifié. Il ne peut pas, en revanche, aller chercher un second avertissement que l’arbitre n’a pas donné. Il peut enfin corriger une erreur d’identité, quand le carton a été montré à un joueur alors que la faute avait été commise par un autre, de l’une ou l’autre équipe.
Pour le spectateur, la différence entre rouge direct et rouge après deux jaunes aide à comprendre la suite : la suspension n’est pas la même.
Après le carton rouge : la suspension en compétition
Le carton rouge ne s’arrête pas au coup de sifflet final. En France, une exclusion entraîne une suspension prononcée par la commission de discipline compétente, celle du district, de la ligue ou de l’instance professionnelle selon le niveau. La durée dépend du motif : un rouge consécutif à deux avertissements coûte en général le moins cher, un geste violent ou une insulte envers l’arbitre beaucoup plus. Le barème disciplinaire de chaque compétition fixe ces durées.
Les jaunes comptent aussi. Dans la plupart des compétitions, l’accumulation d’avertissements sur une période donnée entraîne un match de suspension, même sans aucun rouge. Le nombre de cartons et la période de référence varient selon les règlements, et le club suit ce décompte pour savoir qui peut jouer le week-end suivant.
Un joueur suspendu qui joue malgré tout expose son équipe à perdre le match sur décision de la commission, le fameux tapis vert. Les staffs passent eux aussi devant la commission : les Lois prévoient des cartons pour les membres de l’encadrement, et quand le fautif n’est pas identifié sur le banc, c’est l’entraîneur principal présent dans la zone technique qui reçoit la sanction.
Un dernier point de vocabulaire évite bien des malentendus en tribune. L’arbitre ne « donne » pas un rouge pour l’exemple : il applique une liste fermée de motifs. Quand une exclusion paraît sévère, la bonne question est de savoir dans quelle case de cette liste l’arbitre a rangé le geste.
Le carton blanc, une couleur qui change de sens

C’est la couleur qui crée le plus de confusion autour des terrains. Le blanc ne figure pas parmi les cartons des Lois du jeu, mais deux usages réels existent, avec des sens opposés.
En France, l’exclusion temporaire du football amateur
Les Lois du jeu autorisent les exclusions temporaires dans le football des jeunes, des vétérans, le football adapté et le football de base, avec l’accord de la fédération nationale. En France, de nombreuses compétitions de ligue et de district les appliquent sous la forme d’un carton blanc : le joueur sort pour une durée fixée par le règlement, le plus souvent dix minutes, pour sanctionner la contestation ou un comportement excessif. Son équipe joue en infériorité numérique pendant ce temps, puis il revient sur le terrain.
La combinaison avec les autres couleurs dépend du règlement local. Dans plusieurs d’entre eux, un joueur exclu temporairement puis averti d’un jaune dans le même match ne revient plus. Si vous jouez, ou si votre enfant joue, dans un championnat qui l’utilise, le règlement de la compétition, que le club détient, dit précisément ce que vaut chaque couleur.
Au Portugal, un carton pour saluer le fair-play
L’autre carton blanc ne sanctionne rien. Le football portugais l’a introduit pour récompenser un geste de fair-play, et une arbitre l’a brandi en janvier 2023, lors d’un match de coupe entre les équipes féminines de Benfica et du Sporting, une première très relayée. Il n’a aucune conséquence sur le match ni sur la suite de la saison.
Le rugby connaît lui aussi un carton blanc, avec un usage qui lui est propre : la ressemblance s’arrête à la couleur. Au bord d’un terrain de football français, le blanc annonce le plus souvent une exclusion temporaire, de dix minutes chez les seniors, pas une félicitation.