
Diplôme d'entraîneur de football, salaire et préparation physique : les métiers du banc
Pour un bénévole, le premier diplôme d’entraîneur de football passe par les modules fédéraux proposés par le district ou la ligue, catégorie d’âge par catégorie d’âge. La filière professionnelle commence au BMF, puis continue avec le BEF, le DES JEPS, le BEFF et le BEPF. En vivre reste possible, rarement au début, et souvent à temps partiel.
Diplôme d’entraîneur de football : par où commence un bénévole
Encadrer bénévolement une équipe d’enfants ne demande pas de diplôme professionnel. Ce que les districts et les ligues proposent d’abord, ce sont des modules fédéraux de formation, courts et construits par catégorie d’âge : les plus petits, les enfants de l’école de foot, les préadolescents, les adolescents, les adultes. Ils débouchent sur des certificats fédéraux de football et donnent à l’éducateur des contenus de séance adaptés à l’âge de ses joueurs.
Le point de départ logique pour un éducateur de U11 est le module de sa catégorie, puis celui de la catégorie suivante quand il prend une équipe plus âgée. Ces formations se déroulent sur quelques journées et alternent apports théoriques, séances animées sur le terrain et observation de joueurs.
La frontière entre bénévolat et métier est fixée par la loi. Le code du sport réserve l’encadrement contre rémunération aux titulaires d’une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles. Dans la filière fédérale du football, le premier titre de ce type est le BMF.
Avant d’en parler au président du club, quatre questions clarifient la démarche :
- quel module correspond à la catégorie encadrée cette saison, et à celle de la saison prochaine ;
- ce que le règlement du championnat exige de l’éducateur de l’équipe, car le statut des éducateurs de la FFF impose, à certains niveaux, un diplômé sur le banc ;
- qui prend en charge les frais d’inscription et de déplacement ;
- à quelles dates le district ou la ligue organise les sessions.
Les conseillers techniques du district renseignent sur ces points. Les intitulés, les modules et les équivalences évoluent d’une saison à l’autre : la grille de votre ligue fait foi.
La filière professionnelle, du BMF au BEPF

Au-delà des modules, la filière aligne cinq diplômes de plus en plus exigeants. Chacun se prépare en alternance, avec une équipe encadrée pendant la formation.
| Diplôme | Niveau | Ce qu’il ouvre |
|---|---|---|
| BMF, brevet de moniteur de football | 4 | Encadrer contre rémunération en club amateur, jusqu’à une équipe de jeunes de niveau régional ou une équipe seniors de Régional 3 |
| BEF, brevet d’entraîneur de football | 5 | Entraîner des équipes de niveau régional au minimum, des U15 aux seniors |
| DES JEPS mention football | 6 | Entraîneur principal ou adjoint de niveau national ; seul diplôme d’État de la filière |
| BEFF, brevet d’entraîneur formateur de football | 6 | Diriger la formation des jeunes d’un club professionnel ou d’un pôle espoirs |
| BEPF, brevet d’entraîneur professionnel de football | 6 | Entraîner un club autorisé à faire jouer des professionnels, ou une sélection nationale |
Le niveau indiqué est celui du cadre national des certifications : 4 correspond au baccalauréat, 5 à un bac + 2, 6 à une licence.
Côté européen, l’UEFA reconnaît ces diplômes à travers ses licences. Le BMF ouvre l’équivalence avec la licence UEFA B, le BEF donne de droit la licence UEFA A, le BEFF correspond à la licence UEFA Elite Youth A, et le BEPF à la licence UEFA Pro, celle du plus haut niveau européen.
Les prérequis, étape par étape
- BMF : avoir 16 ans, être licencié à la FFF pour la saison en cours, détenir le PSC, ancien PSC1, ou l’AFPS, deux attestations de premiers secours, et réussir les tests de sélection. La certification demande une mise en situation en club, validée sur la saison.
- BEF : avoir 18 ans, être licencié, détenir le PSC ou l’AFPS et le BMF. D’autres voies d’accès, fixées par le règlement de la formation, existent, notamment pour les joueurs comptant au moins 100 matchs dans les championnats fédéraux listés.
- DES JEPS : un titre d’entraîneur de football de niveau 5, comme le BEF, plus plusieurs saisons d’encadrement ou un passé de joueur de haut niveau, un certificat de secourisme et un certificat médical. Le diplôme est délivré par le ministère des Sports.
- BEFF et BEPF : le DES JEPS mention football ou un ancien brevet d’État équivalent, plus plusieurs saisons comme entraîneur salarié à un niveau défini, ou une carrière internationale ou professionnelle de joueur.
Les sélections se durcissent à partir du BEF, et les places deviennent rares au sommet de la filière.
Combien de temps pour avancer dans la filière
Chaque étage demande au moins une saison de formation, et l’accès à l’étage suivant exige souvent des saisons d’expérience entre les deux. Un bénévole qui commence par les modules fédéraux, passe ensuite le BMF puis le BEF, avance donc sur plusieurs années, au rythme des équipes qu’il encadre. Rien n’oblige à viser le sommet : beaucoup d’éducateurs s’arrêtent au BMF ou au BEF et font toute leur carrière en club amateur, là où presque tous les joueurs ont commencé.
Combien gagne un entraîneur de football
Aucune grille unique ne fixe le salaire d’un entraîneur. La rémunération dépend du niveau, des moyens du club et du contrat, et les montants des bancs professionnels ne sont pas publiés de façon fiable. Les repères ci-dessous décrivent des situations plutôt que des chiffres, qui varieraient trop d’un club à l’autre pour être utiles.
| Niveau | Situation la plus courante | Ce qui fixe la rémunération |
|---|---|---|
| District, équipes de jeunes | Bénévolat, parfois remboursement de frais | Le club, selon ses moyens |
| Club amateur structuré | Éducateur salarié, souvent à temps partiel | Contrat de travail et convention collective nationale du sport |
| Niveau national amateur | Entraîneur salarié, parfois avec une autre activité | Négociation avec le club, contrat lié à la saison |
| Football professionnel | Contrat à durée déterminée, staff étoffé | Négociation individuelle, très variable |
Dans le football amateur, la convention collective nationale du sport fixe des salaires minimaux par groupe de classification. Le poste réel associe souvent l’entraînement d’une équipe à d’autres missions dans le club, comme la coordination de l’école de foot ou des interventions dans les écoles. Beaucoup d’éducateurs diplômés cumulent cette activité avec un autre emploi.
Au sommet, quelques entraîneurs de Ligue 1 perçoivent des rémunérations très élevées, mais elles concernent une poignée de postes, exposés au licenciement après une série de mauvais résultats. Entre les deux extrêmes, le métier se vit souvent sur des contrats courts, au gré des montées et des descentes.
Pour un bénévole, la question de savoir si l’activité peut faire vivre se pose donc par étapes : le BMF ouvre la porte d’un emploi rémunéré en club amateur, et le reste dépend du niveau atteint, du marché local et des places disponibles.
Préparateur physique en football : une voie souvent universitaire

Le préparateur physique planifie la charge de travail, mesure la forme des joueurs et construit les séances athlétiques, en lien avec l’entraîneur et le staff médical. Dans un club amateur, ce rôle revient le plus souvent à l’entraîneur ou à un adjoint. Dans un club professionnel, il occupe un poste à part entière, parfois partagé entre plusieurs personnes.
La formation la plus répandue passe par l’université : licence STAPS mention entraînement sportif, de niveau 6, puis master STAPS entraînement et optimisation de la performance sportive, de niveau 7. L’INSEP propose aussi une certification de préparation physique en haute performance. Un diplôme d’entraîneur de football complète utilement ce parcours, car le préparateur travaille dans la logique du jeu, pas à côté.
Le banc compte d’autres métiers encore. L’entraîneur adjoint prépare et anime une partie des séances, l’entraîneur des gardiens travaille à part avec les deux ou trois gardiens du groupe, et les clubs les mieux dotés emploient des analystes vidéo qui découpent les matchs. Dans le football amateur, une même personne cumule souvent plusieurs de ces casquettes.
Le quotidien du préparateur mêle tests de terrain, suivi des temps de jeu et de la fatigue, séances de renforcement et reprises progressives après une blessure, toujours sous l’autorité des soignants pour ce qui relève du soin. Les besoins diffèrent selon les postes : un attaquant enchaîne les sprints courts et les changements de direction, un milieu couvre davantage de distance. Les bases de ce travail, intermittent, vitesse et appuis, sont décrites dans la séance type avec et sans ballon.
La causerie d’avant-match, un geste du métier
La causerie est le moment où l’entraîneur parle à son groupe avant le match, en général au vestiaire, avant l’échauffement ou juste après. Elle n’a rien d’un discours : bien préparée, elle tient en quelques minutes.
Elle contient le plus souvent :
- la composition et le rôle de chacun, y compris sur les coups de pied arrêtés ;
- deux ou trois consignes de jeu, pas davantage, formulées simplement ;
- un rappel sur l’adversaire, s’il est connu ;
- un mot sur l’état d’esprit : engagement, respect de l’arbitre, plaisir chez les jeunes.
Chez les enfants, la causerie se fait courte, l’éducateur accroupi à leur hauteur, avec un tableau ou des plots plutôt qu’avec de longues phrases. Une seule consigne retenue vaut mieux que cinq oubliées. Le respect de l’arbitre y a toute sa place, car une contestation coûte à l’équipe : les sanctions qui l’encadrent sont détaillées dans le guide des cartons jaune, rouge et blanc.
Quelques pièges reviennent souvent. Une causerie trop longue noie les consignes. Une critique individuelle devant tout le groupe ferme un joueur pour le reste du match. Chez les plus jeunes, parler du score ou du classement ajoute une pression inutile, alors qu’un objectif de jeu, réussir trois passes avant de frapper par exemple, donne un repère concret. La dernière phrase est celle que les joueurs emportent sur le terrain : choisissez-la avant d’entrer au vestiaire.
La causerie de mi-temps suit la même logique, en plus bref : un constat, une correction, une intention pour la seconde période. Les formations fédérales y consacrent du temps dans leur volet sur l’accompagnement d’une équipe en compétition, parce que la parole de l’entraîneur fait partie du métier autant que le contenu de ses séances.