
Exercices de football avec ou sans ballon pour une séance technique et physique
Un bon exercice technique de football fait répéter un geste, conduite, passe ou contrôle, sous une contrainte de temps, d’espace ou d’adversaire. Une séance équilibrée enchaîne un échauffement progressif, deux ateliers avec ballon, un travail physique sans ballon court et intense, puis un jeu, avec une charge dosée selon l’âge, le niveau et le jour du match.
Un échauffement progressif, ballon au pied dès que possible
L’échauffement prépare le corps et la tête. Il dure en général une quinzaine à une vingtaine de minutes et suit une règle simple : du plus doux au plus intense, du plus simple au plus complexe. Cinq étapes suffisent à le construire.
- Mise en route : course légère, passes à deux en se déplaçant, à une allure qui laisse parler sans s’essouffler.
- Mobilité dynamique : montées de genoux, talons-fesses, pas chassés, ouvertures et fermetures de hanche, fentes avant en marchant.
- Gammes et appuis : petits sauts, appuis rapides, changements de direction de plus en plus vifs.
- Accélérations progressives : trois ou quatre lignes droites de 20 à 30 mètres, jusqu’à une vitesse proche du maximum.
- Ballon : un rondo ou un jeu de conservation court, pour finir sur des prises de décision.
Par temps froid, ou pour une séance programmée tôt le matin, allongez la mise en route de quelques minutes avant de passer aux accélérations. Les gardiens suivent la même progression, puis enchaînent avec un travail spécifique de prises de balle et de plongeons de plus en plus amples.
Les étirements longs et immobiles trouvent mieux leur place en fin de séance qu’avant l’effort. Des programmes structurés existent aussi, comme le FIFA 11+, conçu pour réduire le risque de blessure dans le football amateur : il enchaîne des courses lentes, des exercices de renforcement, d’équilibre et de sauts, puis des courses plus rapides.
Chez les enfants, l’échauffement se fait presque entièrement avec ballon et sous forme de jeu. Un « chat » où le joueur touché doit conduire son ballon jusqu’à un plot pour être libéré prépare aussi bien qu’une série de gammes, et mobilise bien mieux leur attention.
Exercice technique de football : conduite, passe et contrôle

Un exercice technique de football ne vaut que par ses consignes : un seul objectif annoncé, des corrections pendant l’exercice et un temps de répétition suffisant. Changer d’atelier toutes les cinq minutes donne une séance agitée qui n’apprend pas grand-chose.
Atelier conduite : le carré des changements
Délimitez un carré d’une quinzaine de mètres de côté, un ballon par joueur. Les joueurs conduisent librement. Au signal, ils changent de surface de contact, intérieur, extérieur ou semelle, arrêtent le ballon, changent de direction ou accélèrent vers un côté du carré. Consigne permanente : ballon à moins d’un pas, regard levé entre deux touches.
Variante : deux joueurs sans ballon, les chasseurs, tentent de sortir les ballons du carré. Le conducteur doit protéger, changer de rythme et lever la tête pour éviter les chasseurs.
Atelier passe et contrôle : le losange
Posez quatre plots en losange, à une dizaine de mètres les uns des autres, un joueur par plot et deux de plus au départ. Chacun passe, puis suit son ballon vers le plot suivant. Imposez le contrôle orienté du pied le plus éloigné, puis la passe en deux touches. Variantes : jeu en une touche, remise en appui d’un joueur central, passe du pied faible obligatoire.
Atelier conservation : le rondo
Cinq joueurs autour d’un carré de 8 à 10 mètres, deux au milieu. Les joueurs extérieurs font circuler le ballon ; celui qui le perd passe au milieu. Le rondo travaille la passe, le contrôle, l’orientation du corps et la prise d’information, dans un espace où l’erreur se voit tout de suite. Réduisez le carré pour augmenter la difficulté, agrandissez-le pour les débutants.
Atelier frappe : la passe, la remise et le tir
Deux files de joueurs face au but, à une vingtaine de mètres, un joueur en appui dos au but à l’entrée de la surface. Le premier de la file passe au pivot, qui remet en une touche ; le passeur frappe sans contrôle ou après un contrôle orienté, puis prend la place du pivot. Un gardien dans le but rend l’exercice réaliste. Consignes : cadrer avant de frapper fort, frapper avec le pied le plus proche du ballon, enchaîner vite pour garder le rythme. Variante : un défenseur part en retard du point de penalty pour mettre la pression sur le tireur.
Pour des ateliers propres à chaque poste, finition après appel ou relance sous pression, voyez les repères du poste d’attaquant et ceux du défenseur central et du latéral droit.
Sans ballon : endurance, vitesse et appuis
Le travail sans ballon a sa place, surtout chez les adolescents et les adultes, à condition d’être court et ciblé.
Endurance intermittente
Les efforts du football sont faits de courses courtes répétées. Le travail intermittent les reproduit : par exemple 15 secondes de course rapide, 15 secondes de trot ou de marche, en blocs de quelques minutes, entre des repères posés au sol. La distance à couvrir en 15 secondes s’adapte au niveau de chacun, pour que tout le groupe travaille à la même intensité.
Vitesse
Enchaînez des sprints de 10 à 20 mètres, avec des départs variés : debout, de dos, après un demi-tour, sur un signal visuel. La récupération est complète entre chaque répétition, le temps d’une marche retour tranquille. La vitesse se travaille à l’état frais, juste après l’échauffement, jamais au bout d’une séance épuisante.
Appuis et coordination
Échelle de rythme, cerceaux, petites haies : appuis rapides, pieds actifs, puis sortie en sprint ou en changement de direction. Terminer chaque passage par une action de jeu, une frappe ou une course vers un ballon, donne du sens à l’exercice.
Le physique avec ballon
Une bonne partie du travail physique se fait aussi avec ballon, c’est le physique intégré. Un jeu à quatre contre quatre sur un petit terrain, joué par séquences de deux à trois minutes entrecoupées de récupérations, sollicite le cœur, les appuis et les changements de rythme tout en gardant la technique et la décision. Plus le terrain est petit et l’effectif réduit, plus l’effort devient intense. C’est souvent la forme la mieux acceptée par un groupe amateur, et la seule à privilégier chez les plus jeunes.
Renforcement au poids du corps
Gainage de face et de côté, squats, fentes, travail des muscles de l’arrière de la cuisse en duo : quelques minutes, deux fois par semaine, trouvent leur place dans la plupart des groupes amateurs, adolescents compris.
Doser l’effort sur la semaine selon l’âge et le niveau

Un même exercice ne se dose pas de la même façon pour des enfants, des adolescents ou des adultes. Les repères ci-dessous correspondent aux usages courants du football amateur, à ajuster selon le groupe et ses contraintes.
| Public | Rythme courant | Dominante de la séance |
|---|---|---|
| Enfants de l’école de foot | Une à deux séances par semaine | Jeu, motricité, ballon à chaque exercice |
| Préadolescents | Deux séances | Technique, coordination, vitesse sous forme de jeu |
| Adolescents | Deux à trois séances | Technique sous pression, physique intégré, premiers blocs sans ballon |
| Seniors amateurs | Deux à trois séances | Physique intégré, intensité en milieu de semaine, fraîcheur avant le match |
Pour une équipe qui joue le week-end et s’entraîne deux soirs, une organisation fréquente place le travail le plus dense en début de semaine, puis une séance plus courte et plus vive deux jours avant le match : vitesse, coups de pied arrêtés, jeu réduit. Le lendemain du match sert à récupérer pour ceux qui ont joué.
Chez les jeunes, la croissance impose de la prudence : pas de charges lourdes, pas de séries de sauts à répétition, et une attention constante à la fatigue. Une douleur qui persiste se signale aux parents et se montre à un médecin ; l’éducateur n’a pas à poser lui-même de diagnostic.
Quelques signes doivent faire alléger la séance suivante : une qualité technique qui baisse nettement, des retards dans les courses, des contrôles qui s’allongent, un groupe moins concentré qu’à l’habitude. Ces indices se voient sans aucun outil, à condition de les guetter dès l’échauffement.
Le niveau compte autant que l’âge. Un groupe de seniors qui s’entraîne peu supporte mal une séance très dense en reprise : augmentez la charge par paliers sur les premières semaines plutôt que de tout concentrer sur la préparation d’août.
Une séance type de 75 à 90 minutes
Voici une trame qui fonctionne pour la plupart des groupes d’adolescents et d’adultes. Les durées s’ajustent, l’ordre reste.
| Temps de séance | Contenu | Durée |
|---|---|---|
| Accueil et échauffement | Mobilité, gammes, rondo | 15 à 20 minutes |
| Atelier technique | Conduite ou passe et contrôle | 15 à 20 minutes |
| Situation de jeu | Trois contre deux, finition ou conservation | 15 minutes |
| Physique sans ballon | Intermittent ou vitesse | 10 minutes |
| Jeu | Match à thème sur terrain réduit | 15 à 20 minutes |
| Retour au calme | Trot, étirements, mot de fin | 5 minutes |
Le bloc de vitesse peut remonter juste après l’échauffement les jours où il est prioritaire. Le match à thème reprend la consigne de l’atelier : si la séance portait sur le contrôle orienté, un but compte double quand il suit un contrôle vers l’avant.
Pour des enfants de dix ou onze ans, gardez la même logique en raccourcissant : moins de consignes, plus de jeu, aucun bloc de course sans ballon. Un échauffement joué, un atelier de conduite et un long match à effectif réduit forment déjà une très bonne séance.
Pour encadrer ce travail dans un cadre reconnu, de la première formation de bénévole aux diplômes professionnels, la filière est détaillée dans l’article sur le diplôme d’entraîneur de football.